Pour devenir infirmière quand vous êtes aide-soignante, vous pouvez suivre le parcours classique en IFSI ou, sous conditions d’expérience et avec l’accord de votre employeur, intégrer directement la deuxième année après un parcours spécifique. Depuis 2024, ce dispositif permet une dispense totale de première année de formation en soins infirmiers. Le parcours préparatoire dure trois mois, soit 12 semaines et 175 heures, selon les informations publiées en 2024. Voici les conditions d’accès, le déroulement des études et les décisions financières à préparer avant votre candidature.

Deux voies pour passer du métier d’aide-soignant à celui d’infirmier

Votre expérience d’aide-soignante constitue un avantage, mais elle ne vous donne pas automatiquement le diplôme d’État d’infirmier. Deux voies sont possibles : le parcours spécifique destiné aux professionnels expérimentés ou l’admission classique en IFSI lorsque les conditions de la passerelle ne sont pas réunies.

Le diplôme d’État d’aide-soignant et le diplôme d’État d’infirmier correspondent à des responsabilités différentes. Votre pratique des soins, votre connaissance des patients et votre familiarité avec le fonctionnement d’un établissement sanitaire ou médico-social vous donnent des repères solides. Vous devez néanmoins acquérir et valider l’ensemble des compétences attendues d’un IDE.

Le choix dépend principalement de votre ancienneté récente, de votre situation auprès de l’employeur et de votre capacité à financer la formation.

SituationAccès à envisagerDurée du cursus infirmierPoint décisif
Vous remplissez les conditions d’expérience et obtenez l’accord de l’employeurParcours spécifique puis entrée en deuxième annéeDeux années après validation du parcours spécifiqueSélection par l’IFSI au titre de la formation professionnelle continue
Vous avez moins de 3 ans d’expérience admissibleAdmission classique en IFSICursus completRéussir la sélection correspondant à votre situation
Votre employeur refuse de soutenir le projetAdmission ou financement à reconstruireSelon la voie finalement retenueSécuriser votre statut et vos ressources avant l’inscription

Ne présentez donc pas la passerelle comme un droit automatique attaché au diplôme d’aide-soignant. Demandez d’abord à l’IFSI visé comment il vérifie l’expérience, organise la sélection et travaille avec les établissements employeurs.

Ce que change réellement la passerelle vers l’IFSI

La passerelle permet à une aide-soignante expérimentée de remplacer la première année classique par un parcours spécifique, puis d’intégrer la deuxième année d’IFSI. Après cette préparation et deux années d’études, le diplôme d’État d’infirmier peut ainsi être obtenu en deux ans au lieu de trois.

Créé par l’arrêté du 3 juillet 2023, le dispositif a été déployé à partir de 2024 dans les instituts de formation concernés. Il ne s’agit pas d’une simple équivalence administrative : la candidate suit une formation conçue pour vérifier et compléter les acquis nécessaires avant son passage en deuxième année.

Selon les informations disponibles en 2024, ce parcours comprend :

  • trois mois de formation à temps plein ;
  • 12 semaines d’apprentissage ;
  • 175 heures de formation ;
  • cinq séquences pédagogiques ;
  • un stage de cinq semaines ;
  • un accompagnement individualisé par un tuteur IDE et un formateur IFSI ;
  • 90 % du temps de formation en présentiel.

Le contenu vise notamment le raisonnement clinique, les gestes et soins relevant du métier d’infirmier, les soins d’urgence et les méthodes de travail attendues en formation. Votre expérience du terrain accélère l’apprentissage, mais elle ne remplace ni les évaluations ni les exigences académiques de l’IFSI.

Avant de retenir cette voie, vérifiez que l’institut choisi propose effectivement le parcours spécifique pour la rentrée visée. L’existence du dispositif national ne signifie pas que chaque IFSI organise nécessairement une session selon le même calendrier.

Les conditions à réunir avant de candidater

Pour entrer dans le parcours spécifique, vous devez justifier d’une expérience professionnelle suffisante comme aide-soignante, obtenir l’accord de votre employeur et réussir la sélection organisée avec l’IFSI dans le cadre de la formation professionnelle continue. Le seuil indiqué est de 3 ans à temps plein, soit 4 200 heures, au cours des 5 dernières années.

Votre dossier doit également comporter une AFGSU de niveau 2 en cours de validité. Cette attestation de formation aux gestes et soins d’urgence fait partie des éléments à contrôler suffisamment tôt : une attestation expirée peut retarder un projet pourtant solide sur le plan professionnel.

Vérifier votre expérience admissible

Ne vous contentez pas de compter les années figurant sur votre CV. Rassemblez les certificats de travail, contrats, relevés d’activité et attestations permettant de démontrer le nombre d’heures accomplies au cours de la période examinée.

Les temps partiels, changements d’établissement et interruptions peuvent compliquer ce calcul. Faites confirmer l’éligibilité de votre expérience par l’IFSI avant d’engager une demande de financement complète. Cela évite qu’une différence d’interprétation apparaisse lorsque le calendrier devient difficile à modifier.

Préparer la sélection de l’IFSI

La sélection sert à apprécier votre capacité à suivre une formation accélérée et à exercer ensuite les responsabilités propres à l’état d’infirmier. Votre dossier doit donc relier votre expérience à un projet précis : évolution de carrière, compétences à acquérir, environnement d’exercice envisagé et organisation personnelle pendant les études.

L’entretien, lorsqu’il fait partie du processus retenu, ne doit pas devenir un inventaire de tâches. Expliquez plutôt ce que votre exercice en tant qu’aide-soignante vous a appris, ce qui distingue les responsabilités d’un IDE et pourquoi votre projet est désormais réaliste.

Passer par la voie classique si nécessaire

Une aide-soignante peut candidater à la formation d’infirmier sans remplir les conditions de la passerelle. Avec moins de 3 ans d’expérience admissible, vous devez vous orienter vers la sélection classique correspondant à votre situation, notamment au titre de la formation professionnelle continue lorsque cette voie s’applique.

Cette solution implique le cursus complet. Elle n’est pas un échec : elle peut offrir davantage de temps pour consolider les bases théoriques et s’adapter au rythme des études. Demandez à chaque institut ses modalités de sélection, car votre expérience professionnelle peut rester valorisée dans le dossier même sans dispense de première année.

Le déroulement du parcours, du stage à la deuxième année

Le parcours spécifique prépare une transition rapide entre deux fonctions de soins qui restent distinctes. La période préparatoire doit vous permettre d’entrer en deuxième année avec les méthodes, les connaissances et la posture attendues d’un étudiant infirmier ayant déjà validé sa première année.

Le stage de cinq semaines occupe une place centrale. Il ne sert pas uniquement à confirmer que vous connaissez le fonctionnement d’un service. Il permet d’évaluer votre progression vers le raisonnement clinique, la coordination des soins, la surveillance et les responsabilités associées au métier d’infirmier.

L’accompagnement repose sur deux regards complémentaires :

  1. Le tuteur IDE suit votre progression en situation de soins. Il vous aide à distinguer ce que vous maîtrisez déjà de ce qui relève désormais d’un niveau de responsabilité infirmier.

  2. Le formateur IFSI structure les apprentissages. Il fait le lien entre votre expérience, les connaissances théoriques et les attendus nécessaires pour rejoindre la deuxième année de formation.

  3. Vous devez rendre votre travail personnel visible. Notes de suivi, objectifs de progression et retours sur les situations rencontrées facilitent les ajustements avant l’intégration en deuxième année.

Le rythme peut être exigeant : 90 % du parcours se déroule en présentiel, selon les données publiées en 2024. Anticipez les transports, les contraintes familiales et les périodes de stage avant le début de la formation, car une organisation improvisée fragilise rapidement un cursus accéléré.

Faire de la formation un projet budgétaire soutenable

L’accord de l’employeur ne doit pas se limiter à une autorisation de principe. Avant votre départ, vous devez savoir qui finance les frais pédagogiques, quel sera votre statut, quels revenus seront maintenus et quelles dépenses resteront à votre charge.

Dans un établissement, le projet peut relever de la formation professionnelle continue. Le financement et le maintien de la rémunération dépendent toutefois de votre statut, du dispositif mobilisé et de la décision de l’employeur. Une possibilité générale de prise en charge ne garantit donc pas que votre dossier individuel sera accepté.

Demandez un document écrit répondant aux points suivants :

  • les frais d’inscription et de formation pris en charge ;
  • le maintien total ou partiel de la rémunération ;
  • le traitement des primes liées aux gardes, nuits ou week-ends que vous n’effectuerez plus ;
  • la couverture des déplacements, repas et hébergements liés aux stages ;
  • le versement éventuel d’indemnités de stage ;
  • votre position administrative pendant le parcours spécifique et les deux années d’IFSI ;
  • les conditions d’un éventuel engagement à servir l’établissement après le diplôme ;
  • la marche à suivre en cas d’interruption ou de redoublement.

Si l’employeur ne finance pas le projet, un projet de transition professionnelle ou un autre dispositif de formation peut être étudié selon votre situation. Ne démissionnez pas avant d’avoir obtenu des décisions écrites, car le financement des frais pédagogiques ne couvre pas nécessairement la perte de salaire.

Construisez un budget mensuel avec vos revenus garantis et vos dépenses incompressibles. Ajoutez les frais liés aux stages et retirez les indemnités de sujétion que vous ne percevrez peut-être plus. Ce calcul, un peu moins enthousiasmant qu’une lettre d’admission, protège pourtant davantage votre parcours.

Après le diplôme, comparer la rémunération sans faux raccourci

Devenir IDE élargit les responsabilités, les possibilités d’exercice et les perspectives de spécialisation, mais le gain salarial ne se calcule pas en opposant deux montants isolés. La comparaison doit porter sur votre situation avant la formation et sur le poste infirmier réellement accessible après le diplôme.

Dans la fonction publique hospitalière, examinez le corps, le grade, l’échelon, la reprise d’ancienneté, le traitement indiciaire et les primes. Dans le secteur privé, identifiez la convention collective, la classification, l’ancienneté reconnue et les majorations applicables. La prime Ségur, les gardes, les astreintes et le travail de nuit peuvent modifier sensiblement le total perçu.

Pour mesurer l’intérêt financier de votre évolution, comparez deux simulations écrites à date identique :

  • rémunération brute et nette avant le départ en formation ;
  • revenus maintenus pendant les études ;
  • rémunération brute et nette proposée comme IDE ;
  • primes incluses ou exclues ;
  • reprise d’ancienneté ;
  • temps de travail, nuits et week-ends ;
  • éventuel engagement envers l’employeur financeur.

Le diplôme apporte aussi une évolution de carrière qui ne se résume pas à la première fiche de paie. Après une période de pratique, vous pourrez envisager des fonctions spécialisées, de coordination ou d’encadrement, sous réserve des formations et conditions propres à chaque orientation.

Construire un dossier crédible auprès de l’employeur et de l’IFSI

Un projet convaincant montre que vous avez préparé la sélection, le financement et l’après-diplôme. Votre employeur doit pouvoir comprendre l’intérêt du parcours pour l’établissement, tandis que l’IFSI doit pouvoir évaluer votre capacité à réussir une transition accélérée.

Présentez une note courte avec le métier visé, l’IFSI envisagé, le calendrier connu, votre expérience admissible et les modalités de financement demandées. Ajoutez les justificatifs d’activité et la validité de votre AFGSU de niveau 2. Une demande précise obtient plus facilement une réponse exploitable qu’un vague souhait d’évolution.

Votre projet peut aussi expliquer les bénéfices attendus pour les soins : meilleure continuité entre les fonctions, connaissance du public accueilli, compréhension des contraintes du service et capacité à travailler avec l’équipe. Évitez toutefois de prétendre que votre expérience d’aide-soignante vous a déjà formée à toutes les responsabilités d’un IDE.

Enfin, sollicitez séparément le service chargé de la formation, votre responsable et l’IFSI. Les circuits administratifs aiment parfois transformer une seule question en trois formulaires ; conservez les réponses écrites, les dates d’envoi et le nom de chaque interlocuteur afin de suivre votre demande sans repartir de zéro.

La passerelle aide-soignant, infirmier rend possible un diplôme d’État en deux ans après un parcours spécifique, mais elle repose sur une sélection et une organisation financière rigoureuse. Votre expérience facilite la transition sans supprimer les exigences de la formation en soins infirmiers. Avant toute candidature, faites valider vos heures, votre éligibilité et votre AFGSU, puis obtenez un accord écrit détaillant votre statut et votre financement. La prochaine étape consiste à comparer les IFSI accessibles et à ouvrir la discussion avec votre employeur suffisamment tôt.

Questions fréquentes

Quelle passerelle permet à une aide-soignante de devenir infirmière ?

Le parcours spécifique créé en 2023 permet, sous conditions, de remplacer la première année d’IFSI par trois mois de formation, soit 12 semaines et 175 heures, avant une intégration directe en deuxième année.

Une aide-soignante peut-elle passer le concours d’infirmière ?

Oui. Si vous ne remplissez pas les conditions du parcours spécifique, vous pouvez candidater par la voie classique correspondant à votre situation ; vous suivrez alors le cursus complet en IFSI.

Est-il possible de devenir infirmière en deux ans après avoir exercé comme aide-soignante ?

Oui, à condition de valider le parcours spécifique, d’être sélectionnée et d’intégrer directement la deuxième année. Les deux années correspondent au temps restant en IFSI après la préparation de trois mois.

Faut-il quitter son poste pour entrer en IFSI ?

Pas nécessairement. Votre situation dépend du financement retenu et de l’accord de l’employeur ; obtenez par écrit votre position administrative, le maintien éventuel de votre rémunération et vos obligations après le diplôme avant de modifier votre contrat.

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Votre recommandation sur comment devenir infirmière quand on est aide-soignante

Quelques questions pour adapter notre conseil à votre situation patrimoniale.

Q1Votre situation actuelle ?
Q2Votre objectif prioritaire ?
Q3Votre horizon de placement ?
Mathieu Delcourt

Mathieu Delcourt

Ancien chargé des ressources humaines dans un centre hospitalier universitaire, Mathieu Delcourt s’est spécialisé dans les statuts, la paie et la mobilité des professionnels de santé. Il dirige Lelabostaff pour rendre compréhensibles les décisions administratives qui pèsent concrètement sur une carrière, un planning ou un revenu.